Partager l'article ! Madame Le Pen : no comment par Robert Marty sémiologue: Commenter c'est d'abord valider ce dont on parle comme objet de commentaire. Le rés ...
Commenter c'est d'abord valider ce dont on parle comme objet de commentaire. Le résultat assuré pour la chose dont on parle c'est quelle a suffisamment de caractéristiques bien fondées pour être prise en considération. C'est un résultat positif a priori, un résultat acquis avant toute critique fut-elle radicale. La même chose vaut pour une demande d'interview à une personne quelconque qui vaut considération aveugle -car a priori- pour ce que cette personne va dire. La personne et son discours à venir sont ainsi incorporés de facto dans le champ politique au même titre que celles et ceux qui l'occupent et avec un vrai statut de nouveauté, même si elle ne profère que de vieilles rengaines. C'est tout bénéfice pour un nouvel entrant surtout s'il porte un discours populiste de dénonciation globale et si son propos est de solliciter la pensée magique à travers une adhésion irrationnelle à sa personne. La désespérance sociale a tout loisir de s'y raccrocher, avec d'autant plus de facilité que le sentiment de résoudre les problèmes par des mesures simplicissimes est fourni clefs en mains grâce à des schémas de compréhension de situations très complexes qui ne nécessitent pas plus que deux neurones du genre : "il y a des gens bien et des gens pas bien" (citation).
C'est la raison pour laquelle je ne commenterai pas l'interview de Madame Le Pen. Tout au plus serai-je tenté d'en dire, comme on le fait souvent et radicalement dans le parler "jeunes" : c'est nul.
NB : je ne mentionne jamais le prénom de la dame, support sémiotique d'une connexion affective irrationnelle que j'évoque ci-dessus et que je me refuse à activer.
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